La production de lait

En Couserans, pays des Pyrénées centrales, épousant le cours du Salat, ce tumultueux affluent de la Garonne qui naît à Salau, la petite commune de Couflens est dominée par un relief montagneux imposant, rude, sauvage mais ô combien attachant.
Le massif du Mont-Rouch, deuxième sommet du Couserans à 2858 m, semble opposer toute pénétration vers la Catalogne immédiatement voisine par la montagne. Le Port de Salau, col muletier le plus bas des Pyrénées centrales (2038 m) autorise un franchissement de la chaîne autrefois largement usité pour le commerce et la contrebande ! Le village de Salau, qui compte une soixantaine d’habitants, fut connu pour ses mines de tungstène qui fermèrent au milieu des années 80. Un judicieux tunnel transfrontalier a maintes fois été en projet sans jamais aboutir à ce jour !
25 hectares de prairie ont été loués à une association foncière pastorale et une dizaine d’hectares supplémentaires sur le site de La Plagne. Les terres sont situées à 1000 mètres d’altitude au pied du mont Rouch. Trois magnifiques torrents qui y coulent, et la cascade de Leziou y forment la source
du Salat. Les ânesses ont passé leur première saison en 2007. La production a été de 1000 litres d’un lait de montagne aux qualités inégalées !

La traite est réalisée sur l’estive de Salau de juin à septembre après naissance des ânons, lesquels se trouvent dans un petit enclos à quelques mètres de leur mère. Lors de la traite, la présence et la stimulation du petit sont nécessaires afin de pouvoir recueillir la majorité du lait accumulé dans les mamelles. En effet, les ânesses ne donnent pas aisément leur lait.
Lorsque l’ânon tète, le lait est déversé par les cellules acineuses dans les alvéoles puis dans une ramification de canaux,
pour arriver enfin dans les citernes.

La main ne récupère que 20% du lait total des mamelles mais ne tire pas celui des cellules alvéolaires soit les 80% restant. Pour obtenir ce dernier, la stimulation du petit est nécessaire. Certaines ânesses acceptent de donner leur lait à la seule vue de leur progéniture, d’autres n’ont même pas besoin de voir leur ânon pour cela, ce qui impose des contraintes d’organisation.
Nous disposons d’une petite grange pour nous abriter et protéger le matériel. Notre campement va s’agrandir avec la construction d’une yourte, dans laquelle nous pourrons offrir des nuitées à nos clients ou randonneurs de passage.
Le troupeau reste en estive de fin juin à mi-octobre et attend votre visite, qu’on se le dise !

Le lait d'ânesse de A à Z

Sur les 40 ânesses réparties en deux sous troupeaux pour des raisons de durée de gestation, soit 15 ânons par an dont seulement une en moyenne produisent du lait, les autres sont soit en attente de la saillie, soit en gestation.
La traite dure 4 mois, de la mi-juin à la mi-octobre, soit environ 1800 litres de lait par saison. Trois traites par jour donnent
2 à 3 litres de lait par ânesse. Le lait frais congelé dans des bouteilles de 5 litres à -18 degrés est envoyé dans une entreprise de La Rochelle spécialisée dans le séchage du lait par atomisation. 140 kilos de poudre de lait sont ainsi obtenus.
Une petite partie est mise en gélule, additionnée d’algue marine lithotame, par le laboratoire vendéen Herbolistique pour des cures de santé. Le lait déshydraté est aussi vendu en l’état est vendu à des spas pour des bains (Aquensis à Bagnères de Bigorre, Amanoa à Auxerre, Anne Fontaine Bien-être à Paris…)

Mais l’essentiel du lait part chez Christophe Nadal, l’un des derniers savonniers à travailler à l’ancienne qui fabrique la gamme de 13 savonnettes différentes. Les savons sont composés à base de produits naturels telles que l’huile de palme, l’huile de coprah et de lait d’ânesse, d’huiles essentielles et de colorants naturels (argile verte, rouge…).

5% de lait d’ânesse peut paraître insuffisant. Olivier voulait un pourcentage plus important. Les expériences menées par le savonnier démontrèrent qu’au delà de ce pourcentage, les propriétés du savon sont modifiées. L’altération du lait pose un problème de conservation et le savon ne mousse plus. Il représenterait un produit plus thérapeutique que cosmétique. 

En collaboration avec un laboratoire de cosmétologie, toute une gamme de produits de beauté pour la peau a été développée sous la marque Asinus.